Après les siècles de prospérité des anciens royaumes, les peuples oublièrent peu à peu Parédor. Les rois élevèrent leurs propres statues, les temples furent remplis d’idoles, et les sages furent moqués dans les cités.
Alors vint le Grand Froid.
Un voile de glace recouvrit Andellar tout entière. Les vents devinrent tranchants comme des lames, les fleuves cessèrent de couler, et les forêts moururent sous la neige éternelle.
Le soleil lui-même semblait faible derrière les nuages gris. Des villages entiers disparurent dans les tempêtes. Et les peuples connurent la peur.
Le froid détruisit les récoltes. Les troupeaux moururent dans les plaines gelées.
Les enfants cherchaient du pain parmi les pierres, et les anciens s’endormaient dans la neige sans jamais se réveiller.
Les royaumes du Nord sombrèrent dans la famine. Des guerres éclatèrent pour quelques sacs de grains. Des frères s’entretuèrent pour survivre une nuit de plus.
Et beaucoup pensèrent que les dieux les avaient abandonnés.
Au milieu des terres glacées vivait la tribu Mëy. Peuple rude des montagnes du Nord, les Mëy étaient pauvres mais unis.
Alors que beaucoup de peuples priaient mille divinités, les anciens Mëy ne plaçaient leur confiance qu’en Parédor.
Ils vivaient simplement : * partageant leurs réserves ; * protégeant leurs vieillards ; * et accueillant les orphelins des tribus détruites.
Leurs chefs ne portaient pas de couronnes d’or, mais des manteaux de laine et de fourrure. Et leur plus grande richesse était leur fidélité.
Car il est écrit : « Le peuple uni résiste là où les royaumes orgueilleux s’effondrent. »
Chaque nuit, les sages Mëy levaient leurs voix vers le ciel obscur. Ils priaient Parédor dans les cavernes et les forêts gelées.
Ils ne demandaient ni richesses ni puissance, mais simplement : * la survie ; * la sagesse ; * et la force de ne pas sombrer dans la haine.
Les mères enseignaient aux enfants les anciens chants sacrés. Les pères gravaient les paroles saintes sur la pierre et le bois.
Les autres peuples multiplièrent les sacrifices à leurs idoles.
Certains brûlèrent : * des animaux ; * des trésors ; * et même des êtres humains.
Mais les tempêtes ne cessèrent pas.
Les temples s’écroulèrent sous la glace. Les statues furent renversées par les vents.
Et les peuples commencèrent à comprendre que les idoles étaient muettes.
Parmi la tribu Mëy vivaient les Veilleurs.
Ils rappelaient au peuple : « Le froid passera. Parédor n’abandonne jamais ceux qui demeurent fidèles. »
Ils protégeaient : * les enfants ; * les traditions ; * et les récits anciens.
Et leur sagesse empêcha la tribu Mëy de sombrer dans le désespoir.
Durant les nuits les plus froides apparurent des songes mystérieux :
une montagne de cristal brillant dans les ténèbres ;
une grande lumière descendant du ciel ;
un homme guidant un peuple à travers les neiges.
Les sages virent un signe de Parédor. Certains affirmèrent avoir aperçu le Mage de Cristal.
Alors les Veilleurs annoncèrent : « Un guide viendra bientôt. »
Le froid demeurait, mais l’espérance grandissait dans le cœur des Mëy.
Chaque enfant né durant cette époque était regardé avec attention. Chaque rêve était étudié par les sages.
Et lorsque les vents hurlaient dans les montagnes, les anciens répondaient : « Le salut approche. »
La tribu Mëy persévéra dans : * la prière ; * l’unité ; * et la fidélité.